3
fév
2015
2

La qualité de vie est-elle un facteur d’attractivité du territoire ?

Qu’est ce qui fait qu’une ville est attractive ? Qu’est ce qui donne envie à un ménage ou à une entreprise de s’installer sur un territoire ?  Il n’y a pas une réponse unique : c’est tout un écosystème qu’il faut savoir organiser.

© Golem Images

© Golem Images

La qualité de vie est indissociable de l’attractivité d’un territoire. Elle est au cœur des projets politiques locaux et de la concurrence que se livrent les collectivités territoriales pour attirer sur leur sol population et entreprises. Mais le défi majeur reste de contenter tous les acteurs sociaux-économiques sans négliger ou éloigner certaines catégories. L’OCDE a quant à elle considérablement œuvré au cours des dernières années pour faire rayonner un courant de pensée qui place le bien-être des individus au cœur du développement économique, pour faire avancer un sujet crucial : celui d’une économie plus humaine. La ville s’inscrit donc dans cet enjeu global du « vivre mieux » comme élément incontournable du progrès des sociétés.

Lorsqu’on s’attache à améliorer la qualité de vie, l’enjeu est de répondre à l’ensemble des profils des habitants, confirme Sabine Desnault, directrice du développement durable chez Nexity. Sur un territoire donné, il s’agit de faciliter la vie et l’économie des usagers par plus de mutualisation, de partage, et parfois de technologie. L’autopartage, les écocentres ou la télésanté en sont de bonnes illustrations.

Se sentir bien dans sa ville, c’est aussi imaginer y vivre à chacune des étapes de sa vie. Les critères qui participent à la qualité de vie évoluent avec l’âge et les modes de vie. Pour Romain Tribalat, chargé de mission activités sociales chez AG2R-La Mondiale, il est important d’agir dès maintenant pour une politique en faveur du bien vieillir :

Si l’on améliore l’accessibilité des logements, des commerces, des espaces publics, des transports et si l’on renforce les liens intergénérationnels, ce sont tous les habitants qui gagnent en qualité de vie, pas seulement les personnes âgées. Le bien vieillir, c’est avant tout le bien vivre qui perdure : cela nous concerne tous.

De son côté, l’Insee a choisi de retenir pas moins de 27 indicateurs pour tenter de mesurer la qualité de vie au sein des 2 677 territoires de plus de 50 000 habitants que compte la France métropolitaine, puisant dans le développement humain (santé, éducation, vie sociale), les conditions socio-économiques (qualité de l’emploi, niveau de revenus) et le cadre de vie (environnement, accès aux services).

Des critères subjectifs et objectifs

Des indicateurs qui n’empêchent pas de se projeter vers l’avenir pour appréhender un territoire dans sa globalité :

Dans nos métiers du service de l’eau et de la gestion des déchets, il s’agit à la fois d’apporter un service performant à nos clients et de préserver les ressources au profit des générations futures »,souligne Jean-Pierre Maugendre, Directeur des Projets développement durable chez Suez Environnement. Dans les métiers de l’eau, nous devons par exemple proposer des solutions de maîtrise des consommations et de préservation de la qualité et de la quantité des ressources d’eau potable sur la durée. »

Si disposer d’une eau parfaitement potable 24 h/24 pour un prix modique est un élément incontestable de la qualité de vie en ville, il faut toutefois également tenir compte de certaines attentes de confort supplémentaire de la part du client : par exemple, le calcaire – qui n’a aucun impact sur la santé – demeure l’élément d’insatisfaction le plus souvent cité dans les enquêtes réalisées auprès des clients des services d’eau potable.

Dans la ville de demain, il s’agira de réconcilier les besoins de l’individu et les objectifs des lieux de vie (entreprises, écoles, établissements de santé, administrations, domicile,…). Ces lieux génèrent des sentiments, une fierté plus ou moins grande, une attractivité, un niveau d’engagement. Par leur configuration, leur fonctionnalité, leur ouverture sur l’extérieur, leur symbolique, les lieux créent des points d’attache et une culture commune.

De nouveaux services peuvent libérer des contraintes et rendre la vie au travail, la maladie, l’absence ou l’isolement plus supportable, et en faire de vrais moments de vie » ajoute Eric Texier, directeur innovation Groupe Sodexo.

En définitive, le juge de paix pour évaluer la qualité de vie d’une ville ou d’une région sera toujours lié à son solde migratoire. Les études montrent en effet qu’elle constitue le premier critère de choix lorsqu’il s’agit de déménager. Et de ce point de vue, le littoral méditerranéen et la côte atlantique sont aujourd’hui irrésistibles en termes de flux de population avec un solde annuel partout positif selon l’Observatoire des territoires

Vous aimerez aussi

Nice, nouvelle vitrine des smart cities à la française
Le bonheur, un indice aussi important que le PIB

Laisser un commentaire